Un instituteur, sanctionné pour avoir étudié la bible à l’école

par Sandrine

C’est via une lettre anonyme, que Matthieu Faucher a été accusé de prosélytisme. Il a ensuite été suspendu puis muté pour faute grave professionnelle.

L’instituteur a lu des passages de la bible avec ses élèves.

L’administration académique a alors considéré qu’il y avait un non-respect de la laïcité et de neutralité vis-à-vis de la religion .

C’est sur ce principe de séparation entre la religion et l’État que porte l’affaire. La laïcité, très chère laïcité! on en parle si souvent qu’on se demanderait si ce mot ne serait pas prêt de rejoindre le trio « en té » de la devise de la république. Mais l’enseignant avait t-il réellement enfreint la loi ?

En 2017, face aux questions manifestes de ses élèves sur la culture chrétienne (pourquoi des croix dans certains lieux? Pourquoi le jour de Pâque est un jour non-travaillé en France) ? L’instituteur entreprend et dans la logique du programme de l’éducation nationale, d’aborder avec sa classe de CM1-CM2 certains aspects de l’histoire chrétienne, fondement de plusieurs siècle de civilisation française ( quelques 6 heures sur toute l’année).

En réalité, enseigner les faits religieux à l’école est autorisé et peut inclure ( chose qui est encouragée) de lire la bible dans la démarche d’apprentissage scolaire.

Mais dans les faits…Il suffit qu’un inconnu y trouve des considérations profondément idéologiques.

L’instituteur en avait informé les parents,
Et aucun d’eux ne semblait y être opposé.

Et pourtant tout est parti de la lettre anonyme qui aurait été envoyée par un parent, à l’académie nationale. L’ enseignant est ensuite lourdement sanctionné mais il conteste la sanction et l’affaire passe devant le tribunal administratif.

En 2019, deux ans plus tard, il finit par avoir gain de cause et la justice ordonne sa réintégration, au plus tôt. le tribunal annule ainsi la sanction, considérant que son enseignement était «dépourvu de tout prosélytisme religieux» et la réaction du rectorat «disproportionnée par rapport aux faits reprochés» .

Toutefois, l’académie décide de faire appel de la décision du juge. Face à cet acharnement, L’instituteur raconte: « Pour eux, il ne faut pas que je gagne, il ne faut pas que je réintègre mon poste à Malicornay. Quitte à raconter n’importe quoi, ce qui va au-delà du délirant. On en est à ce jusqu’au-boutisme ».

A ce jour malgré le jugement rendu, Matthieu Faucher attend toujours de savoir où il enseignera à la rentrée de Septembre 2020 car il n’a toujours pas repris son ancien poste. Plusieurs soutiens y compris de parents d’élèves continue de se mobiliser à ses cotés.

Vous aimerez aussi

Laissez un commentaire